Musique

Interview de Cozy Diary 輕日記

On ne le répétera jamais assez, mais la scène musicale indépendante taiwanaise regorge d’artistes et de groupes de talent. Cozy Diary 輕日記 est de cela. Avec un son mélangeant rock et folk, le duo, composé de Tchata 小路 et Yang 楊子霆, nous offre des morceaux tout en douceur et délicatesse qui se savourent confortablement installé dans un endroit, de préférence en adéquation avec le groupe, cozy. Et pour découvrir quelques pages de ce « journal », rendez-vous sur la canapé des deux compères pour faire plus ample connaissance.

Bonjour et merci pour avoir accepté cette interview. Pouvez-vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas ?

Cozy Diary – Un groupe de folk taiwanais

Tchata : Je suis la chanteuse principale et la claviériste de Cozy Diary. Et je suis responsable de la composition et des paroles de notre groupe. Écrire des chansons est un travail très intéressant pour moi, j’essaie de garder ma perception à travers notre « journal musical ». J’espère que tous les auditeurs peuvent sentir le « cozy lifestyle » de Cozy Diary. Et je m’intéresse également à la mode, l’illustration et la peinture. Donc, parfois, vous pouvez voir mes créations dans notre groupe.

Yang : Je suis le guitariste du groupe ainsi que celui chargé des arrangements et de la production. Puisque que nous sommes un duo, je dois donc faire presque tout le travail d’accompagnement. J’aime le son de la guitare acoustique et ça m’a fait essayer la basse, l’harmonie et la mélodie étant intégrées dans une guitare acoustique. C’est un travail très intéressant pour moi. Je suis diplômé en conception et impression en collage. Je suis donc également le responsable de la conception visuelle pour le groupe.

Comment vous êtes vous rencontrés et pourquoi avoir décidé de créer un groupe ensemble ?

Nous avons été présentés par un camarade de classe de Yang. Au début, nous jouions juste pour le fun. Le point de départ est la remise de diplôme de Tchata où elle a fait un concert. Yang était le guitariste. À ce moment là, Tchata a également sorti un EP au moment du concert. Donc, au début, nous avons fait le concert au nom de Tchata. Après avoir travaillé ensemble avec bonheur pendant un certain temps, nous avons décidé de former un groupe.

Parlez-nous un peu du nom du groupe, Cozy Diary. Pourquoi ce nom ?

En vérité, décider du nom du groupe fut une tâche épineuse pour nous ! Nous avons discuté pendant un long moment… Tchata voulait vraiment le mot « cozy », (le nom de l’un de ses cafés préférés). Elle pense que « cozy » est un bon état de vie, et nous écrivons notre propre « journal » à travers la musique, nous croyons donc que « cozy diary » apportera un univers chaleureux et la paix.

Comment avez-vous rencontré votre label, Fantastic Playground ?

Tchata est une auteur-compositeur de Fantastic Playground. Et elle est l’assistante de Real (le fondateur de Fantastic Playground) depuis huit ans.

Sur vos différents comptes sur les réseaux sociaux, on trouve toujours cette phrase « Life Could Be so busy, life Could be so cozy ». Pourquoi cette phrase ?

Parce que la vie moderne est trop occupée, en particulier dans une grande ville comme Taipei. Vous pouvez voir des gens impassibles marcher si vite dans les rues. L’expression « Life Could Be so busy, life Could be so cozy » est ce que nous voulons partager avec tout le monde. C’est votre choix de rendre votre vie active ou confortable. Il suffit de changer d’esprit, la vie peut être différente. Se sentir détendu et « vivre lentement » est la chose dont nous voulons parler dans notre musique !

Il est difficile de décrire votre musique, une sorte de mixe entre folk et rock. Vous, personnellement, comment la décririez-vous ?

C’est vraiment difficile de décrire notre musique. Nous avons comme styles préférés des choses comme la pop, le jazz, le folk, le funk, etc. Nous pensons que la façon la plus simple de décrire notre musique « easy listening ». Nous espérons atteindre comme but de rendre les gens très détendues.

Comme vous êtes un duo, comment travaillez-vous sur la composition d’un morceau ?

Tchata : Jusqu’ici, la plupart de nos chansons sont écrites par moi. Parfois j’ enregistre d’abord une version brute, puis partage l’idée avec Yang. Alors nous discutons de la direction, et il commence à organiser la chanson. Après ça, nous faisons une version de démo. Récemment, nous essayons aussi de composer ensemble, et Yang commence aussi à écrire des mélodies.

Quels sont les sujets que vous traitez dans vos morceaux ? D’où tirez-vous votre inspiration ? Que voulez-vous partager à travers votre musique ?

Tchata : Hmm… Vous pouvez trouver de nombreux sujets dans les chansons de Cozy Diary. Je pense que la « vie », « l’amour » et « moi » sont les trois éléments principaux des paroles. Certaines histoires viennent de mon expérience de vie, parfois j’observe la vie des gens pour en faire une chanson. J’ajoute également un peu d’imagination à nos chansons.

L’inspiration pour moi peut être quelque chose de ma vie. Comme je suis parfois paresseuse et ne veux travailler, dans cette situation, j’ai écrit une chanson intitulée « Lazy Afternoon ». Je veux faire un voyage et quitter un emploi ennuyeux, alors j’ai écrit « Deep Breath ». Comme nous l’avons mentionné auparavant, notre musique est comme un journal intime de chacune de journée, et le concept général que nous voulons partager avec notre public est certainement « enjoy your cozy life ».

Plus généralement, quelles sont vos sources d’influences ?

Yang : J’avais l’habitude d’écouter beaucoup de pop chinoise et de la musique instrumentale, surtout de la guitare. Pierre Bensusan est l’un de mes guitaristes préférés, et c’est un français. J’aime aussi écouter de la musique japonaise tels que Orange Pekoe et Ohashi Trio. Après avoir appris la guitare jazz, j’aime aussi écouter tous les types de jazz. Martin Taylor est l’un de mes préférés !

Tchata: Feist, Alanis Morissette, Tori Amos, Yael Naim, Clémentine… sont mes artistes préférés. J’aime écouter du rock / folk occidental, et la plupart d’entre eux sont également de grands auteurs-compositeurs.

Sur de nombreuses photos, on peut voir un canapé. Doit-on y voir dedans un emblème du groupe ?

Tchata : Haha ! Je suis contente de voir que vous avez découvert ça ! « Le canapé » est un emblème de Cozy Diary. Nous voulons exprimer le style de vie « cozy » à travers cette vision et nous aimons réellement nous coucher sur le canapé pour jouer de la musique. Nous voulons aussi faire une tournée avec un canapé dans différentes villes.

De l’extérieur, on peut noter que beaucoup d’artistes indépendants taiwanais sont amis et n’hésitent pas à s’entraider. Quelle est votre relation avec le reste de la scène musicale indépendant de l’île ?

Nous avons honte de le dire, nous sommes en réalité un groupe relativement timide. Donc, nous ne sommes pas familiers avec de nombreux autres groupe indie. Mais nous avons de bons amis qui sont également de bons musiciens ! Nous les recevons souvent pour échanger des idées sur la musique, les effets et les lieux où nous organisons nos concerts. Nous invitons parfois nos amis musiciens comme invités spéciaux dans nos concerts. Nous avons beaucoup de plaisir à jouer ensemble.

Il y a de plus en plus d’endroits, à Taipei et à Taiwan, où les artistes indépendants peuvent se produire. Quel est votre regard là-dessus ? Comment trouvez-vous des lieux pour vous produire ?

Les avantages sur le fait qu’il y a de nombreux sites à Taiwan signifie que de plus en plus de gens voient les concerts comme une partie de leur vie. Cependant, nous sommes également préoccupés par le fait que c’est juste une tendance passagère. Un bon concert doit avoir des équipements et des techniciens audio professionnels pour les soutenir. Mais tous les sites ne sont pas prêts à mettre assez dans les équipements et les techniciens. Certains ont même juste acheté des haut-parleurs et une console pour les utiliser pour un concert. Pour nous, il est important de choisir les bons endroits pour nos concerts. Nous choisissons habituellement des cafés avec une bonne ambiance et un espace confortable. Nous regardons également les indicateurs de salles de spectacles pour nos spectacles.

Plus généralement, que pensez-vous de la scène musicale indépendante taiwanaise ?

Tchata : Il y a de plus en plus de festivals et d’événements musicaux à Taiwan. Comme il est très simple d’avoir des informations sur Internet de nos jours, on peut voir qu’il y a beaucoup de jeunes et étudiants impliqués. Et nous pouvons constater que ce public accepte différents styles de musique à Taiwan.

En novembre dernier, vous avez fait deux concerts à Hong Kong. Quelle fut la réception du public ?

Ce fut une expérience inoubliable ! Nous avons effectué deux concerts à Hong Kong. L’un fut dans un café cosy, le « Full Cup Music » et l’autre à l’invitation de Swire Pacific. La plus grande surprise fut qu’il y avait un groupe de fans. Les organisateurs et le public ont beaucoup apprécié notre musique. J’espère que nous pourrons retourner à Hong Kong prochainement.

De plus en plus d’artistes tawanais se produisent aux quatre coins du monde. Pensez-vous que la musique taiwanaise put se faire une place en dehors du monde « chinois » ?

Ce n’est pas une étape simple, mais nous pensons que la musique taiwanaise peut le faire ! Par exemple, Mayday, ChthoniC, Matzka… beaucoup de groupes taiwanais organisent des concerts et font des tournées autour du monde, et leurs styles sont très variés. Peu importe la barrière de la langue, laissez la musique revenir à son expression originelle.

Pour les personnes vous découvrant avec cette interview, quel morceau leur conseillez-vous comme le plus représentatif de votre univers ?

Les deux morceaux « Deep breath » et « Ambiguous with myself ».
En fait, nous enregistrons en ce moment notre premier album, donc je veux vraiment vous recommander de nouvelles chansons !

Pour terminer, avez-vous un message pour vos auditeurs français ?

Tchata : En ce moment, nous travaillons sur notre premier album qui sortira à la fin de l’année. Nous espérons pouvoir apporter plus de bonheur et de chaleur au monde. S’il y a la moindre chance, nous aimerions vraiment venir jouer en France ! J’ai écrit une chanson sur Paris. Si nous pouvions tourner un MV ici ça serait un rêve.
Chers auditeurs français, j’espère que vous pourrez profiter de notre musique et profiter de votre vie confortable 🙂

Remerciements à Tchata, Yang et Sharon pour leur disponibilité et pour le temps qu’ils ont consacré à cette interview.
Si des tournures de phrases ou des points vous semblent bizarres n’hésitez pas à me le signaler.

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