Quelles langues parle-t-on à Taiwan ? Mandarin, Taiwanais, Hakka ?
Contrairement à une idée répandue, le mandarin n’est pas la langue officielle de Taiwan. Et elle est loin d’être la seule langue de l’île, ni même la langue maternelle d’une partie de la population. Voici un état des lieux des différentes langues parlées, ou que l’on peut croiser, sur l’île.
Taiwan n’a pas de langue officielle, mais des langues nationales
Une idée reçue sur Taiwan est que le mandarin, qui s’est imposé de fait comme la langue dominante, serait la langue officielle du pays. Son nom même y pousse : on l’appelle ici 國語 (guóyǔ), littéralement « langue nationale », héritage du KMT (à ne pas confondre avec les « langues nationales » de la loi de 2019, dont il sera question plus bas). Mais en réalité, Taiwan n’a pas de langue officielle au sens juridique du terme : ni la Constitution (qui est celle de la République de la Chine), ni aucune loi n’en désigne une. Taiwan a par contre des langues nationales. Le Yuan exécutif (le gouvernement taiwanais) précise d’ailleurs que le statut de « langue nationale » créé par la loi de 2019 n’équivaut pas à celui de langue officielle.
Cette distinction a eu des effets très concrets. Aux Golden Melody Awards de 2021, la grand-messe de la musique taiwanaise, la catégorie « meilleur album en 國語 » a été rebaptisée « meilleur album en 華語 », en langue chinoise, pour se conformer à la loi de 2019. Les catégories concernant la musique en langue taiwanaise, hakka et autochtones, elles, n’ont pas bougé : leurs intitulés étaient déjà justes. C’est le mandarin qui a dû lâcher son titre de « langue nationale ».
Le mandarin est à l’origine la langue des continentaux, débarqués de Chine à partir de 1945, puis lors du retrait du KMT à Taiwan en 1949, après sa défaite face au Parti communiste de Mao. Le KMT ayant fait main basse sur toute l’administration locale à son arrivée, la langue s’impose au niveau administratif, en plus du domaine militaire.
Sous la présidence / dictature de Chiang Kai-shek 蔣介石, s’exprimer dans une autre langue que le mandarin était formellement découragé, avec des risques de sanctions. De 1945 à 1987, l’État a imposé le mandarin à l’école : les élèves surpris à parler un dialecte écopaient d’une amende, de coups, ou pour certains devaient porter une pancarte punitive.
Le taiwanais, le hakka et les langues autochtones furent officiellement requalifiés en fangyan 方言, à savoir de simples « dialectes locaux ». Les salles de cinéma se sont par exemple vu interdire d’employer des narrateurs en hokkien, et la radiotélévision a progressivement écarté les langues locales de l’antenne. Il faudra attendre novembre 1987 pour que les trois chaînes publiques diffusent à nouveau un journal en minnan.
Le mandarin s’est donc imposé dans l’administration sans qu’aucun texte ne lui confère ce rôle. C’est précisément ce qui a permis à la loi de 2019 de placer toutes les autres langues de l’île sur un pied d’égalité avec lui, sans avoir à le « déclasser ». Presque tout le monde le comprend, mais un tiers du pays vit dans une autre langue.
Et ces plus de quarante ans de répression linguistique ont laissé une trace qui se mesure encore de nos jours, notamment si on calque le tout sur la pyramide des âges. En prenant pour base le recensement de 2020, le mandarin est la langue principale de 66% de la population, et 96% le pratiquent en langue principale ou secondaire. Chez les 6-14 ans, 92% utilisent le mandarin comme langue principale, alors que chez les plus de 65 ans, ils ne sont plus que 28%. Le taiwanais, lui, suit la courbe inverse, de 7% à 65%.
Le taiwanais
Le taiwanais appartient à la famille des langues sino-tibétaines et tire ses racines du minnan, langue parlée par environ 45 millions de personnes dans le monde selon les estimations, principalement dans le sud de la Chine.
Le minnan est arrivé sur l’île avec des colons venus de cette région, et plus particulièrement de la province du Fujian. Ces colons ne fuyaient pas des persécutions, mais la population chinoise ayant plus que doublé en un siècle et demi, et les terres étant divisées à chaque héritage entre fils, Taiwan, à une encablure de détroit, offrait de quoi défricher. Et ce même si le pouvoir Qing interdisait même la traversée, si bien qu’une partie de ces migrants sont partis clandestinement.
Le minnan importé s’est mélangé avec la langue hakka et le japonais pour évoluer d’une manière différente du minnan continental. Le taiwanais est aussi désigné sous les termes holo ou hokkien taiwanais, et de plus en plus souvent par son nom propre, le tâi-gí 台語.
Pour la place du taiwanais, tout dépend de ce que l’on mesure. Selon le recensement de 2020 (encore lui), 32% de la population locale l’utilise comme langue principale, et le chiffre grimpe à 86% si l’on mixe langue principale et langue secondaire.
Et géographiquement, la fracture est nette. Dans six comtés du sud et du centre, Changhua, Nantou, Yunlin, Chiayi, Tainan et Pingtung, le taiwanais devance le mandarin comme langue principale. À Chiayi, Yunlin et Changhua, il dépasse même les 60%. Un trajet Taipei-Tainan en HSR est donc également un glissement d’une langue à l’autre.
Lors des élections, il n’est d’ailleurs pas rare non plus de voir des candidats s’exprimer plutôt en taiwanais qu’en mandarin, un choix qui n’a rien d’anodin.
Mais il est à noter que les annonces des stations dans le métro, tram, bus ou train, elles, ne varient pas d’une région à l’autre. Partout sur l’île, les arrêts sont annoncés en mandarin, taiwanais, hakka puis anglais. Y compris à Taipei, où le taiwanais est loin d’être majoritaire. Cet état est une obligation légale, puisque depuis 2000, une loi impose aux transports publics de diffuser en mandarin, en taiwanais et en hakka, les langues autochtones s’ajoutant selon les régions et le mindong, ou parler de Matsu, appelé aussi fuzhou, dans l’archipel de Matsu.
La place du Hakka
La place du hakka recule. L’enquête nationale du Conseil des affaires hakka établit que 20% de la population taiwanaise est considérée comme hakka, soit environ 4,7 millions de personnes, 132 000 de plus qu’en 2016. Mais seuls 38% d’entre eux déclarent parler couramment le hakka, contre 47% cinq ans plus tôt.
La langue hakka, ou 客家話 (kè jiā huà) en chinois et 客家語 (hak-kâ-fa) en hakka, reste pourtant bien identifiée. La communauté hakka descend d’immigrés chinois arrivés à Taiwan surtout aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à la fin des Ming puis sous les Qing, et ce malgré les restrictions de traversée : jusqu’en 1790, un migrant n’avait pas le droit d’emmener sa famille, et le passeport est resté obligatoire jusqu’en 1875.
Les Hakka furent même visés spécifiquement. Sur la recommandation du général Shi Lang, qui avait conquis une partie de l’île pour les Qing, les habitants de Chaozhou et Huizhou, au Guangdong, d’où venait une grande partie d’entre eux, se virent interdire l’installation à Taiwan. L’interdiction ne s’est desserrée que progressivement, après la mort de Shi Lang en 1696. Ce handicap de départ explique en partie pourquoi ils sont restés minoritaires face aux Fujianais.
Plus en amont, les Hakka descendent de Chinois du Nord ayant émigré vers le sud, notamment vers le Guangdong et le Fujian, pendant le règne des Song du Sud (1127-1279), lorsque le nord de la Chine fut envahi par des tribus venues d’Asie centrale. Cette migration-là est bien médiévale, mais elle se déroule à l’intérieur de la Chine : la traversée vers Taiwan, elle, viendra quatre siècles plus tard.
Dans le recensement de 2020, le hakka ne pèse plus que 1,5% des langues principales à l’échelle du pays. Reste que la géographie protège encore certaines zones. Le comté de Hsinchu est hakka à 68%, celui de Miaoli à 62%, et Taoyuan concentre la plus grosse population hakka de l’île avec plus de 900 000 personnes. Dans les zones classées « zones de développement culturel hakka », la compétence orale se maintient à plus de 50%.
Les langues autochtones de Taiwan
Avant l’arrivée des colons et de leurs langues, des peuples autochtones étaient déjà présents sur place. Leur nombre a fortement diminué au fil des siècles, mais il repart à la hausse : ils étaient 629 000 fin 2024, soit environ 2,7% des 23 millions d’habitants de l’île.
Les Amis sont les plus nombreux avec 235 000 personnes, devant les Paiwan (114 000) et les Atayal (103 000) : à eux trois, ces groupes rassemblent 72% de la population autochtone. Géographiquement, le comté de Hualien arrive en tête avec 95 000 personnes, suivi de Taoyuan (90 000) et du comté de Taitung (79 000).
On date l’arrivée des premiers austronésiens sur l’île à il y a 4 500 à 6 000 ans, avec la culture de Dapenkeng, la plus ancienne culture austronésienne connue à Taiwan. Les langues autochtones, ou langues formosanes, représentent la branche la plus diversifiée de toute la famille austronésienne. Comme pour le taiwanais, elles ont été influencées par les langues arrivées ensuite sur l’île.
Sur les quelque 26 langues autochtones de Taiwan, au moins 10 étaient déjà considérées comme mortes et quatre à cinq comme moribondes lors du décompte linguistique de référence, publié en 2005.
Aucune des 16 langues qui subsistent n’est aujourd’hui considérée comme hors de danger : elles s’échelonnent de « vulnérable » à « en situation critique » sur l’échelle de l’UNESCO reprise par les autorités taiwanaises.
L’enquête officielle sur les compétences et l’usage des langues autochtones, menée auprès de 24 070 personnes et publiée en décembre 2024, identifie les plus menacées : le puyuma, le saisiyat, le sakizaya, le kavalan, le thao, le kanakanavu, ainsi que trois variantes du rukai.
Côté ethnies, Taiwan en comptait officiellement seize : les Amis, les Atayal, les Bunun, les Kavalan, les Paiwan, les Puyuma, les Rukai, les Saisiyat, les Sakizaya, les Da’o (Yami), les Thao, les Truku, les Tsou, les Seediq, les Hla’alua et les Kanakanavu. L’État reconnaît par ailleurs 42 variantes dialectales à l’intérieur de ces 16 langues.
Les Siraya, 17ᵉ peuple reconnu depuis juillet 2026
Ils sont désormais dix-sept. Le 30 juillet 2026, le Premier ministre Cho Jung-tai a officiellement reconnu les Siraya comme 17ᵉ peuple autochtone de Taiwan, au terme d’une bataille de trente ans. Ce n’est pas le premier peuple des plaines, ou pingpu 平埔, à être reconnu – les Kavalan l’avaient été en 2002 – mais c’est le premier à l’obtenir au titre de la loi sur le statut des peuples autochtones des plaines.
Cette loi découle elle-même d’une décision de la Cour constitutionnelle de 2022, qui avait jugé que le droit à la reconnaissance identitaire des peuples des plaines devait être protégé au même titre que celui des autres autochtones. Le Yuan législatif l’a adoptée en troisième lecture le 17 octobre 2025, et elle a été promulguée six jours plus tard. Les Siraya peuvent enregistrer leur statut auprès des bureaux d’état civil depuis la mi-août 2026.
La reconnaissance n’est pas seulement symbolique. Elle rend immédiatement applicables aux Siraya la loi sur le développement des langues autochtones et la loi sur la préservation du patrimoine culturel : la revitalisation de leur langue et la transmission de leurs rituels disposent désormais d’un appui légal.
Leur langue était pourtant tenue pour éteinte pendant l’essentiel du XXᵉ siècle, et c’est précisément le travail de revitalisation mené depuis une vingtaine d’années qui a permis d’obtenir la reconnaissance.
Cette reconstruction s’appuie sur deux corpus. D’abord les traductions des Évangiles de Matthieu et de Jean, publiées en siraya à Amsterdam en 1661 par le missionnaire néerlandais Daniël Gravius. Ensuite les « manuscrits de Sinckan », des contrats fonciers bilingues siraya-chinois de l’époque Qing.
Parle-t-on encore japonais à Taiwan ?
Le japonais n’est plus la langue officielle depuis la fin de l’occupation en 1945, mais il y garde une présence réelle. La Japan Foundation recensait un peu plus de 124 000 apprenants sur l’île en 2024, ce qui place Taiwan au 8ᵉ rang mondial. La langue reste donc l’une des plus étudiées sur l’île, mais elle recule nettement, puisque plus de 143 000 taiwanais étudiaient cette langue en 2021, soit près de 14% d’apprenants en moins en trois ans.
Mais, en tendant l’oreille, dans les parcs notamment, il n’est pas rare d’entendre des personnes d’un certain âge s’exprimer dans la langue de Mishima. Sous l’occupation japonaise (1895-1945), la langue de l’occupant s’est vu progressivement imposer comme langue officielle de l’île. Les Taiwanais nés entre la fin du XIXᵉ siècle et les années 1930 ont donc étudié et baigné dans le japonais.
Ces personnes, de moins en moins nombreuses il est vrai, ont le japonais comme langue quasi maternelle et l’utilisent encore par moments. Elles sont la trace vivante d’une politique linguistique menée un demi-siècle durant, comme ce fut ensuite le cas avec le mandarin.
La loi de 2019 sur les langues nationales
La loi sur le développement des langues nationales (國家語言發展法), adoptée le 25 décembre 2018 et promulguée le 9 janvier 2019, accorde le statut de « langue nationale » à toutes les langues naturelles des groupes ethniques constitutifs de Taiwan, ainsi qu’à la langue des signes taiwanaise.
Le mandarin n’y bénéficie d’aucun statut particulier. L’article 4 pose que « toutes les langues nationales sont égales », et l’article 11 autorise chacun à choisir la langue nationale qu’il emploie dans ses démarches administratives, législatives et judiciaires, à charge pour l’administration de fournir, si nécessaire, un service d’interprétation.
Ce texte est venu compléter deux lois antérieures : la loi sur le développement des langues autochtones, amendée en juin 2017, et la loi fondamentale hakka, amendée en janvier 2018, qui avaient déjà érigé ces langues en langues nationales.
Les effets se voient surtout à l’école. L’enseignement d’une langue maternelle y est obligatoire au primaire depuis 2001, et depuis la rentrée 2022 au collège pour les niveaux 7 et 8 (l’équivalent des classes de 5ᵉ et 4ᵉ en France), à raison d’une heure hebdomadaire. Les élèves choisissent entre taiwanais, hakka, langue autochtone, mindong 閩東語 (le parler de Matsu) et langue des signes taiwanaise. À voir si cela suffira à inverser la tendance, d’autant que le nombre d’enseignants formés peine à couvrir la demande.
Projet « 2030 Bilingual Nation »
En 2014, Lai Ching-te, alors maire de Tainan (et aujourd’hui président de la République), propose de faire de l’anglais la « deuxième langue officielle » de sa ville. Devenu Premier ministre en 2017, il étend le projet au pays entier. L’objection des linguistes tombe aussitôt : la politique ignore le fait que Taiwan n’a pas de première langue officielle.
Le nom changera deux fois. « Anglais deuxième langue officielle » devient « nation bilingue 2030 » en août 2018, puis simplement « politique bilingue 2030 » le 28 mars 2022, le gouvernement expliquant que l’ancien intitulé prêtait à confusion. En mai 2022, le Premier ministre Su Tseng-chang tranche : « l’anglais ne sera pas la langue officielle de notre pays ».
Après le japonais imposé un demi-siècle et le mandarin pendant quarante ans, c’est la troisième fois en un peu plus d’un siècle qu’une langue est prescrite d’en haut aux Taiwanais. On pourrait y voir un parallèle avec le passé. La différence, cette fois, c’est que personne n’interdit les autres. Mais la politique arrive au moment où le taiwanais, le hakka et les seize langues autochtones jouent leur survie sur la génération qui entre à l’école aujourd’hui. En 2022, plusieurs sociétés savantes taiwanaises ont proposé un autre mot d’ordre : « Taiwan multilingue, ouvert à l’anglais ».
Sources
- Taipei Times, Taiwan’s erased words and silenced tongues, 1er mars 2025. taipeitimes.com
- 主計總處 (Direction générale du budget, de la comptabilité et des statistiques), Recensement de la population et des logements 2020, 2020. stat.gov.tw
- 客家委員會 (Conseil des affaires hakka), 110年全國客家人口暨語言基礎資料調查研究 (rapport complet, 481 p.), mai 2022. hakka.gov.tw (PDF)
- 原住民族委員會 (Conseil des peuples autochtones), 族語保存與研究 (enquête sur les compétences et l’usage des langues autochtones – 24 070 répondants), publiée en décembre 2024. cip.gov.tw
- 內政部 (Ministère de l’Intérieur), Bulletin statistique : population autochtone fin 2024, 2025. moi.gov.tw
- 原住民族委員會 (Conseil des peuples autochtones), Statistiques mensuelles de population autochtone, 2025. cip.gov.tw
- Development of National Languages Act, Laws & Regulations Database of the Republic of China (Taiwan), 2019. law.moj.gov.tw
- Ministère de la Culture, Development of National Languages Act, 2019. moc.gov.tw.
- The Japan Foundation, Survey on Japanese-Language Education Abroad 2024, 2024. jpf.go.jp
- PTS News, 111學年度起 本土語言列入中小學必修課程, 2021. news.pts.org.tw
- Hakka News, 全國客家人口語言調查出爐, 31 mars 2022. hakkanews.tw.
- Ministère de l’Éducation, Mesures d’application des cours de langues maternelles pour l’année scolaire 111, 2022. edu.tw
- Focus Taiwan, Cabinet officially recognizes Siraya as Taiwan’s 17th Indigenous tribe, 30 juillet 2026. focustaiwan.tw
- Taiwan News, Taiwan’s Indigenous population surpassed 620,000 in 2025, 1er mars 2026. taiwannews.com.tw
- Mongabay, Siraya language, deemed ‘extinct’ over a century ago, finds its voice again in Taiwan, août 2026. news.mongabay.com
- Liu Ts’ui-jung, « Han Migration and the Settlement of Taiwan: The Onset of Environmental Change », dans Mark Elvin et Liu Ts’ui-jung (dir.), Sediments of Time: Environment and Society in Chinese History, Cambridge University Press, 1998. PDF, Academia Sinica.
- 原住民族委員會, 行政院正式核定西拉雅族為原住民族, 30 juillet 2026. cip.gov.tw
- 平埔原住民族群身分法 (loi sur le statut des groupes autochtones des plaines), promulguée le 23 octobre 2025. law.moj.gov.tw
- 廖敏旬、何姵萱、何萬順, « 2030 雙語政策的演變:2017 至 2023 民調變化初探 », 臺灣語文研究, vol. 19 no 2, 2024. twlls.org.tw (PDF)
- Elizabeth Zeitoun & Ching-Hua Yu, « The Formosan Language Archive: Linguistic Analysis and Language Processing », International Journal of Computational Linguistics and Chinese Language Processing, vol. 10, no 2, 2005, p. 167-200.
Crédit photo : C Lin
MAJ – 05/09/2026 : Réécriture complète de l’article avec des données à jour et une analyse plus poussée. Les pourcentages ont été arrondis.
N’hésitez pas à m’indiquer dans les commentaires ou via le formulaire de contact les erreurs ou inexactitudes que j’ai pu commettre dans cet article.
Une question assez bêtes en soit, mais étant donner que je ne trouve pas sur le net de réponse:
où peut-on apprendre le Taiwanais (et le Hakka par la même occasion) en France? Existe t-il des livre pour l’apprendre?
Je n’ai pas connaissance de cours de taiwanais en France hormis à se tourner vers des taiwanais(es) qui pourraient te proposer des cours.
Côté livre, comme introduction je peux te conseiller le « Parlons Taiwanais » chez L’Harmattan de Rémy Gils. En anglais tu as « Taiwanese Grammar: A Concise Reference » de Philip T. Lin. Je ne l’ai pas (encore) lu mais tous les échos sont excellents.
Sinon, tu peux aussi trouver une petite sélection de livres par ici : http://tailingua.com/resources/books/
Merci beaucoup, ça me feras des bonnes bases pour commencer!
Je pense qu’il y a une petite erreur dans le 3 ème paragraphe au niveau du pin Yin
客家語 ke4 jia1 yu3 (ㄎㄜˋㄐㄧㄚ ㄩˇ)
Je pense que tu voulais dire la chose suivante
客家話 ke4 jia1 hua4 (ㄎㄜˋㄐㄧㄚㄏㄨㄚˋ)
Cordialement.
Effectivement ! 客家語 est le terme utilisé par les Hakka pour qualifier leur langue et non la transcription chinoise, la version pinyin est donc erronée. C’est corrigé en apportant la précision. Merci beaucoup 😉
Salut à vous tous!
Etant donné que le TAIWAN a sa propre langue officielle;permettez-moi:
1) Où est ce qu’on peut apprendre ça?
2) Y a t-il des dictionnaires Taiwanais pouvant nous aider à un tel apprentissage?
3) TAIWANAIS-FRANCAIS?
Bonjour Petit Face,
Je t’invite à consulter la réponse que j’ai faite à Trainki sur ce point (tout premier commentaire) et dans laquelle je réponds à tes questions.
Merci pour votre article !
Juste une petite précision concernant l’enseignement de la langue en primaire : c’est au choix le taiwanais ou le hakka 😉
Merci pour la précision 🙂
Bonjour, merci de votre article très enrichissant. La situation linguistique à Taïwan a l’air assez complexe et je me demande comment les taïwanais se comprennent mutuellement au quotidien. Peut-être y a-t-il une forme d’inter-compréhension entre tous ses dialectes ? Et aussi quelle est la langue qui a le vent en poupe ? Et celle privilégiée par la jeunesse par exemple ou le milieu des affaires (mettons de côté l’anglais bien sûr) ? Est-ce que le pouvoir actuellement à la tête de l’île, plutôt sur une ligne indépendantiste avec la Chine continentale, favorise-t-il une langue en particulier ?
Le chinois mandarin. Elle est parlée (quasiment) partout et par tout le monde (hormis certaines personnes âgées qui ne vont pas en avoir une maitrise parfaite car nées avant 1945). C’est la langue de communication par défaut.
Le taiwanais hokkien est parlé également par une grande partie de la population (qui est donc bilingue chinois / taiwanais) et son usage se retrouve plus en dehors de Taipei, notamment dans le sud de Taiwan, ainsi que dans le cadre familiale. Tu vas également retrouver des expressions tirées du taiwanais incluses dans des discutions en chinois. Tu as également des chaines de TV et radio qui diffusent uniquement en hokkien et il n’est pas rare d’entendre des personnes s’exprimer dans cette langue sur des chaines qui diffusent en chinois.
Pour le Hakka, il est bien moins répandu et les personnes qui le parlant vont l’utiliser en très grande majorité dans le cadre familiale / amicale.
merci pour cet article.
En envisageant un séjour de plusieurs mois à Taïwan, est-il préférable d’apprendre le mandarin ou le taïwanais?
merci d’avance 🙂
Il vaut mieux que tu apprennes le mandarin. C’est la langue que tout le monde la parle / écrit.
Il y a 50 ans je connais quelqu’un qui venait de Taiwan, et lorsque des autres le qualifié de chinois, il insistait qu’il était Taïwanais. Il portait un dictionnaire avec lui tout le temps, avec bcp de caractères de type chinois. Sont anglais n’était pas très bon, mais il était un excellent étudiant.