Lieu

[Lieu Taiwan] Jiufen 九份

Histoire

Il se dit que durant la dynastie Qing (dernière dynastie impériale à avoir régné sur la Chine, de 1644 à 1912), le village n’était habité que de neuf familles. Ainsi, chaque envoi arrivant dans le village était séparé en « neuf portions ». C’est ainsi que le village fut nommé Jiufen, qui signifie neuf parties en chinois.

Accroché à flanc de montagne, Jiufen fut isolé jusqu’en 1893, jusqu’à la découverte et l’exploitation de gisements d’or dans la région. La rué vers l’or qui s’en suivit permis au village de se développer fortement, avant d’atteindre son apogée durant l’occupation japonaise (1895-1945). Cette domination a d’ailleurs laissé des traces, notamment les nombreuses auberges japonaises toujours debout. Durant la seconde guerre mondiale, le village a accueilli un camp de prisonniers, nommé Kinkaseki, où des soldats ennemis (ndlr : du Japon) capturés à Singapour (des britanniques en majorité) étaient employés pour travailler dans les mines d’or. Un importante part des ouvriers travaillant dans les gisements étaient aussi des taiwanais contraints de force par les japonais. La fin de la guerre marque la diminution de l’extraction d’or, et la mine fut fermée en 1971. Jiufen entra alors dans une période de déclin, à tel point qu’elle fut presque entièrement oubliée, devenant quasiment une cité fantôme.

Hou Hsiao-hsien et Hayao Miyazaki

Mais en 1989, le célèbre réalisateur Hou Hsiao-hsien vient y poser sa caméra pour tourner La Cité des douleurs 悲情城市, qui suit l’évolution d’une famille au cœur de la « terreur blanche 白色恐怖 » qui débute à la fin de l’occupation japonaise et à la reprise en main de Taïwan par le Guomindang (KMT), période durant laquelle des milliers de Taïwanais furent torturés, exécutés ou emprisonnés. Ce film est le premier à traiter explicitement des exactions du KMT après la fin de l’occupation japonaise de Taïwan en 1945 et à dépeindre les incidents de 1947, et notamment du massacre des 228, au cours desquels des milliers de personnes furent massacrées, événement resté tabou dans l’histoire du pays. La sortie du film permet à Jiufen de renaitre, de nombreux touristes, attirés notamment par l’aspect et l’ambiance nostalgique de la ville, connaissant un véritable boom touristique durant les années 1990, avec l’apparition de cafés de style rétro-chinois, de salons de thé ou encore de magasins de souvenirs portant le nom de « La Cité des Douleurs ».

En 2001 la ville trouve une exposition internationale avec la sortie du Voyage de Chihiro 千と千尋の神隠 de Hayao Miyazaki, puisque cette dernière a fortement inspiré le maitre japonais. Dans la même idée, vos pas vous mèneront peut-être dans le musée des masques de plâtre, à la fois effrayants et attirants, symbolisant les fantômes qui venaient hanter le sculpteur de ces masques la nuit. Masques que l’on peut retrouver dans le film de Miyazaki.

Chaque weekend la ville devient donc un haut lieu touristique de l’île, avec une en majorité venus de Taipei, situé à 1h30. Vous savez quoi faire si vous passez du côté de Taiwan, un petit détour par Jiufen et son artère la plus fréquentée, la Jiufen Old Street.

Source : Wikipedia, RTI France, Tourism Bureau – Republic of China (Taiwan).
Crédit photo (dans l’ordre) : 黑輪羊 (Allen Yang), Xuite.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1DRn575pu8o
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2DOLApTZTcU

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