Musique

Interview de The Girl and The Robots


Trio composé d’une fille et de ses deux robots, The Girl and The Robots, groupe pourtant jeune, est rapidement devenu une formation de premier plan dans le petit monde de l’electro-pop taiwanais. Couronné de succès dès son premier single avec le Golden Music Awards du Best Electronic Single, le groupe a sorti son très attendu premier album il y a maintenant un an (janvier 2011), lui aussi récompensé par un  Golden Music Awards. Et pour en savoir un peu plus sur le groupe, la très charmante Riin et ses deux robots, quoi de mieux qu’une interview.

Bonjour et merci d’avoir accepté cette interview. Pouvez-vous vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas ?

Oui. Bonjour, nous sommes The Girl and The Robots. Nous sommes un trio de pop electronique de Taipei, Taiwan. Nous avons une chanteuse, Riin, l’attraction principale. Elle est la voix du groupe et occasionnellement claviériste. Et il y a deux robots. Jungle K, qui joue de la guitare et s’occupe de la programmation, et Chuck Su, aka EGG, qui joue du keyboard bass sur scène et s’occupe aussi de la programmation.

Le nom du groupe, The Girl and The Robots, fait référence aux membres du groupe. D’où vous est venu cette idée ? 

Dans un premier temps, il nous a fallu un certain temps pour nommer le groupe. Nous avons eu beaucoup de difficultés à trouver un nom qui nous convenait à tous les trois. En fin de compte, nous avons pris un nom avec la meilleure combinaison pour nous décrire honnêtement tel que nous sommes. Il y a toujours eu un lien étroit entre le symbole des robots et la musique électronique. Les pionniers de l’électronique, Kraftwerk, apparaissaient sur scène avec des mannequins robotiques dansants. Les Daft Punk  gardent aussi leurs casques de robots en public. Il y a aussi le producteur d’électronique canadien qui a pris comme nom de scène « I Am Robot And Proud »

Il se produit aussi que pour nous Robot et Girl décrivent très bien les contrastes de notre musique. Quasiment de la même manière que le contraste entre la chaleur et la douceur de Riin et les sons électroniques froids et parfois rigides programmés par les gars.

Parlez-nous un peu de la formation du groupe et de ses débuts. Comment êtes-vous venus à la musique ?

Nous (Jungle et Chuck) sommes rencontrés et avons travaillé ensemble pendant une courte période dans un précédant groupe de rock. À ce moment nous savions que chacun avait un penchant pour la musique électronique et que nous avions chacun fait pas mal de démos instrumentales. Nous avons parfois collaboré, mais rien de sérieux ne s’était pas passé. Cela ne l’était pas jusqu’à ce que nous rencontrions Riin en 2008 et que les choses commencent entre nous. Riin voulait ajouter des paroles et des mélodies aux démos et cela les a transformés en véritables chansons.

Notre background musical et le type de musique que nous aimons diffère. Cependant, tous les trois avons passé du temps dans les clubs de rock ou les clubs de guitare au collège et à l’école secondaire, développant gouts et compétences musicales.

 En 2009, vous sortez votre premier single, Lost In Yesterday, avec un magnifique MV réalisé en stop-motion. Pourquoi avez-vous choisi cette technique en particulier ?

« Lost In Yesterday » est notre première sortie,  ce qui signifie que, pour la plupart des gens, ce fut la première fois qu’ils nous rencontraient. Nous voulions que la sortie soit spéciale, impressionnante, et surtout, stylistiquement nous. Donc, pour le MV, nous avons approché un ami proche de Jungle qui est réalisateur de publicités télévisées. Il a écouté la chanson puis est venu avec l’histoire d’une aventure surréaliste et l’idée d’utiliser le stop-motion. Nous avons pensé que c’était assez cool et sommes partis avec lui.

Avec votre premier single, vous remportez un Golden Music Award. Qu’est-ce que cela fait d’être récompensé dès votre premier single ?

Nous avons été vraiment excités. Ce fut un grand plaisir de recevoir le prix du « Best Electronic Single» pour nos débuts. C’était comme si quelqu’un nous avez dit que c’était la bonne voie à prendre et d’y allez. Au début, nous étions un peu inquiets à propos du tag « electronic pop » que nous avons choisi, et après tout, ce n’était pas vraiment un acte pop/electro de premier plan à Taiwan, ce qui signifie nous avons certainement marché sur notre propre chemin. La récompense est arrivée comme un réconfort pour nous. Comme un témoignage de ceci, notre album « Miss November » a remporté le même prix pour le meilleur album électronique de l’année suivante.

Je ne le savais pas, mais en 2010, vous avez fait la première partie d’un groupe français, The Teenagers. Comment vous êtes-vous retrouvés à faire cette première partie et comment était le concert ?

Le promoteur du show est venu nous voir et nous a demandé d’être la première partie de The Teenagers. Nous avons pensé que c’était super ! Les deux groupes ont utilisé un grand nombre de sons de synthé et nous avons tous les deux fait de la musique pouvant être dansée. L’événement a été une super expérience. The Teenagers sont très gentils et très amusants, et vraiment passionnés par la musique et leur performance. Ce serait génial de pouvoir jouer de nouveau avec eux un jour !

Après un second album, Stiletto Dreams en mars 2010, vous avez sorti votre premier et très attend album, Miss November, en janvier 2011. Pouvez-vous nous le présenter et nous parler un peu de comment vous avez travaillé sur cet album ? Comment ce premier album a été reçu par le public ? 

En fait, nous avions initialement prévu de sortir l’album « Miss Novembre » littéralement en novembre de l’année précédente. Finalement, cela ne s’est pas déroulée de cette façon. L’album est à propos de Riin essentiellement (qui explique qui «Miss Novembre » est véritablement), car elle a écrit presque toutes les chansons et mélodies. Jouer l’album est comme un voyage avec onze différentes Riin. Nous sommes plus que content de voir un public plus large après cette sortie, mais il y a encore beaucoup plus à  faire pour se développer. Plus d’efforts sont nécessaires pour amener la musique électronique en dehors des clubs vers le grand public à Taiwan.

Votre musique marie différents genres. Comment la décririez-vous ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

Nous décrivons toujours notre musique comme de la pop électronique. La plupart de nos chansons sont assez accrocheuses, une structure-sage couplet-refrain, d’où le « pop ». Et nous faisons de la musique de façon «électronique». Notre musique est synth-heavy. Au lieu de batterie et basses live, nous utilisons des boîtes à rythmes, des rythmes électroniques et un synth bass dans le studio, même si nous avons un batteur de session sur  scène. Plus important encore, nous ne nous imposons pas de contraintes avec quoi nous jouons. Nous travaillons plus dans un mode réalisateur d’électronique que comme le classique groupe « jouez de votre instrument » « tout arranger dans une salle d’enregistrements». Cela élargit vraiment la possibilité de notre musique. Nous utilisons ce que nous avons envie.

La variété des genres dans notre musique peut être le fait que nous trois n’avons pas réellement des goûts musicaux communs. Pour notre premier album, la plupart des chansons proviennent de démos écrites avant la formation du groupe. Nous ne les avons pas intentionnellement unifiées pendant le processus de développement. Cependant, notre musique est toujours facilement reconnaissable. Vous pouvez toujours dire la douce voix de Riin et les arrangements synth-heavy. Ils sont accrocheurs, colorés et ils vous donneront envie de bouger avec la musique !

Parlez-nous un peu des sujets que vous abordez dans vos chansons. Où trouvez-vous l’inspiration ? Comment travaillez-vous sur la composition d’une chanson ? 

(Riin) En fait, je suis une personne sensible, parfois cette personnalité me rend faible dans ma vie personnelle. Mais dans l’écriture de chansons et du travail sur les paroles, cela devient une très bonne personnalité. Je peux sentir beaucoup de choses dans le monde que je vois, même si c’est juste une scène quotidienne.

Je travaille sur de simples démos instrumentales réalisées par mes robots et je tente de les combler avec une mélodie et des paroles, puis nous terminons les arrangements ensemble.

Pour rester sur le sujet, quels sont les artistes/groupes qui vous influencent ? Plus généralement, quels sont vos artistes/groupes favoris ?

Nous avons chacun des influences assez différentes. Jungle a débuté la musique électronique d’un point de vue plus rock, influencé par des DJs et des groupes comme Junkie XL et The Chemical Brothers. Chuck est plus dans la musique des années 80 et plus particulièrement la synth pop, citant les Pet Shop Boys comme modèle, tandis que Riin a beaucoup écouté de nombreux groupes de rock britanniques et japonais. Malgré les différences dans nos origines musicales, nous partageons un goût commun pour quelques groupes français de rock/électronique à savoir les Daft Punk, Air et Phoenix. Étonnamment, il semble qu’il y ait peut-être certaines connections françaises cachées dans notre musique !

Vous avez eu la possibilité de jouer dans différentes places et Live Houses à Taiwan. Est-ce qu’il y a un endroit où vous aimez particulièrement vous produire ? Avez-vous un souvenir spécial d’un concert en particulier ?  

Oui, jusqu’à présent, nous avons joué dans la plupart des grandes Live Houses de Taiwan, et nous avons eu beaucoup de plaisir la plupart du temps. En fait, ce qui importe vraiment, c’est de faire de notre spectacle un souvenir spécial pour chaque personne de l’auditoire, et de leur offrir beaucoup de plaisir comme nous en avons. C’est ce que nous voulons atteindre avec toutes les performances.

Quel est votre point de vue sur la scène musicale taiwanaise ?

De manière générale, il y a une scène très intéressante, vivante et musicalement variée, ici à Taiwan, à notre avis, avec de la musique pop mainstream tout autour pendant des décennies et la monté et l’épanouissement de la musique indie en hausse depuis les 10 à 15 dernières années. Les musiciens tirent leurs inspirations et influences de partout dans le monde et de la musique aborigène. Même si les genres varient énormément, les gens sont généralement assez récepteurs à propos de nouvelle musique. Nous nous sentons très chanceux de pouvoir apprécier tous ces différents genres de musique et de faire partie de la scène nous-mêmes.

Personnellement, comment gérez-vous cela ? Est-il facile pour vous de trouver des endroits pour jouer et vous faire connaître au public ?

Trouver un endroit pour jouer a rarement été un problème. Cependant, comme la plupart des nouveaux groupes, la tâche réelle réside dans la façon de se faire connaître du public, d’atteindre de nouveaux publics, la promotion. Ce n’est pas toujours facile. Une partie du spectacle, nous le faisons principalement sur internet. Nous avons une page Facebook officielle, que nous gérons et où nous répondons nous même. C’est là que vous pouvez trouver nos dernières démos et les l’informations. Alors s’il vous plaît, venez visiter notre page et dites-nous ce que vous pensez de notre musique. Nous ne parlons pas français, mais nous ferons de notre mieux !

Aux personnes qui vous découvrirez avec cette interview, quel morceau leurs conseillerez-vous comme le plus représentatif de votre univers pour débuter ? Ou tout simplement votre morceau préféré ?

“My Boy” et “Lost In Yesterday” serait un très bon couple comme point de départ car ils sont de styles différents. Le premier est optimiste et un peu rétro avec un style 80’s, tandis que le second est plus calme et reposant. Peut-être aussi « Stiletto Dreams” un de nos morceaux de l’album tinté de rock.

Pour terminer, quels sont vos futurs projets et avez-vous un message pour vos auditeurs français ? 

Nous allons probablement sortir notre deuxième album pendant le courant de l’année. Nous travaillons actuellement sur l’album et nous avons vraiment hâte d’y être et de la tournée qui vient avec. Nous ne pouvons pas attendre de faire quelques concerts à l’étranger ! Ne serait-il pas agréable d’avoir un concert ou deux en France et jouer de nouveau avec The Teenagers ?

Remerciement à The Girl and The Robots – Interview réalisée en janvier / février 2012.
Si des tournures de phrases ou des points vous semblent bizarres n’hésitez pas à me le signaler. 

Commentaires

5 Comments

  1. […] début de l’année, vous avez pu faire connaissance avec le très bon trio The Girl and the Robots à travers une interv…, dans lequel le groupe nous expliquait que le deuxième album était en préparation. Et bien bonne […]

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  2. […] début de l’année, vous avez pu faire connaissance avec le très bon trio The Girl and the Robots à travers une interv…, dans lequel le groupe nous expliquait que le deuxième album était en préparation. Et bien bonne […]

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  3. […] venir slalomer entre mes articles fanboy pour vous plonger dans les news, interviews (Fang-I Liu, The Girl and The Robots, Kazha, Miaou, Yuyutopia, Sandee Chan, French Cheese, MONSTER CAT, Winterplay, Wanting Qu et […]

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  4. […] avant Riin, l’attraction principale du groupe, comme s’est plu à le dire Jungle K lors de l’interview du groupe. Bon […]

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  5. […] déjà accueillie des artistes de l’île, en l’occurrence Go Chic, The Girl and the Robots (lire l’interview) et The White Eye qui s’y sont produits l’année […]

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